Les objectifs de la Stratégie de Lisbonne
 

 
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Rappel des objectifs au Conseil européen de mars 2000
Poursuite des objectifs et nouvelle phase dénommée « Lisbonne III »
Le rapport de Monsieur Cohen Tanugi sur L'Europe dans la mondialisation

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05/12/2008 - Les représentants des 27 chargés de la coordination des politiques pour la croissance et l'emploi en Europe, appelés coordonnateurs nationaux, se sont réunis au Conseil économique et social à Paris pour faire le point sur les perspectives d'évolution de la stratégie de Lisbonne.
Le communiqué de presse

Rappel des objectifs au Conseil européen de mars 2000

Lancée lors du Conseil européen de Lisbonne, en mars 2000, la stratégie dite « de Lisbonne » a pour but de faire de l'Union européenne « l'économie la plus compétitive au monde » et de parvenir au plein emploi avant 2010. Développée au cours de plusieurs Conseils européens postérieurs à celui de Lisbonne, cette stratégie repose sur trois piliers:

  • Un pilier économique qui vise à transformer l'économie européenne en une économie compétitive, dynamique et fondée sur la connaissance. ;
  • Un pilier social qui doit permettre de moderniser le modèle social européen grâce à l'investissement dans les ressources humaines et à la lutte contre l'exclusion sociale.;
  • Un pilier environnemental, ajouté lors du Conseil européen de Göteborg en juin 2001, qui attire l'attention sur le fait que la croissance économique doit être dissociée de l'utilisation des ressources naturelles.

Pour atteindre les buts fixés en 2000, une liste d'objectifs chiffrés a été arrêtée.

Elle est constituée d'objectifs généraux  (une croissance économique de 3% en moyenne, un taux d'emploi de 70% et une proportion de femmes actives de 60% d'ici 2010) et de nombreux objectifs spécifiques. Par exemple pour le chapitre emploi les objectifs doivent être atteints d'ici 2010 :
- rendre les structures de garde disponibles pour au moins 90% des enfants ayant de trois ans à l'âge de la scolarité obligatoire et pour au moins 33% des enfants de moins de trois ans-
- réduire de moitié, le nombre de personnes menacées par la pauvreté dans toute l'Union européenne en prenant le niveau de 1997 comme référence.

Étant donné que les politiques concernées relèvent presque exclusivement des compétences attribuées aux États membres, une méthode ouverte de coordination (MOC)* incluant l'élaboration de plans d'action nationaux (les plans nationaux de réforme - PNR)* a été mise en place.

*La méthode ouverte de coordination (MOC) :
La MOC est instituée dans des domaines qui relèvent de la compétence des États membres (politique industrielle, innovation, emploi, protection sociale, formation, etc).
En vue de faire converger leurs politiques nationales pour réaliser certains objectifs communs les Etats membres sont évalués par d'autres États membres et le rôle de la Commission est limité à de la surveillance.
Elle se base principalement sur:

  • l'identification et la définition en commun d'objectifs à remplir (adoptés par le Conseil);
  • des instruments de mesure définis en commun (statistiques, indicateurs, lignes directrices)
  • le « benchmarking », c'est-à-dire la comparaison des performances des États membres et l'échange des meilleures pratiques (surveillance effectuée par la Commission);

Dans le cadre de la stratégie de Lisbonne la MOC impose aux États membres d'élaborer des plans de réformes nationaux (PNR) et les transmet à la Commission.

*Les plans nationaux de réforme (PNR) :
Conçus et mis en ouvre par chacun des 27 états membres selon un ensemble de lignes directrices intégrées (LDI) réparties en trois parties (macroéconomie, microéconomie et emploi), ce programme décrit la façon dont les Etats membres entendent atteindre les objectifs de Lisbonne.
Chaque année, les Etats membres adressent à la Commission un rapport de suivi distinguant clairement entre les différents domaines d'action et faisant état des mesures prises au cours des douze mois antérieurs pour mettre en ouvre les PNR.

PNR français 2005 -2008

rapport de suivi 2007

Le bilan à mi-parcours en 2005 dressé par Wim Kok, ancien Premier ministre des Pays-Bas a démontré que le nombre trop important d'objectifs à atteindre a fait perdre de vue leur hiérarchisation et que les résultats atteints sont mitigés.

Pour cette raison, le Conseil européen de mars 2005 a approuvé un nouveau « partenariat » qui vise à réformer la stratégie de Lisbonne en profondeur et de concentrer l'action de l'Union et des Etats membre autour de deux objectifs : la croissance et l'emploi.

Ne subsistent donc aujourd'hui que deux objectifs chiffrés à échéance 2010 :

  • un taux d'investissement -public et privé- total dans la R&D égal à 3% du PIB européen (objectif dit de Barcelone*) ;
  • un taux d'emploi de 70 % (la proportion de la population européenne en âge de travailler qui occupe un emploi).

On parle aujourd'hui de stratégie de Lisbonne "renouvelée", ou encore de "stratégie pour la croissance et pour l'emploi", pour bien montrer que ce sont désormais les deux objectifs phares de l'action européenne.

Il s'agit d'un partenariat entre la Commission et les Etats membre toujours fondé sur la MOC et les Programmes nationaux de réforme mais dont la mise en ouvre a été simplifiée.

Les comptes-rendus des conseils européens ;
mars 2000
mars 2005

Poursuite des objectifs et nouvelle phase dénommée « Lisbonne III »

Lors du Conseil européen des 13 et 14 mars 2008, à Bruxelles, les chefs d'Etat ou de gouvernement ont présenté les directions essentielles du nouveau cycle de la stratégie de Lisbonne. Ce dernier porte essentiellement sur la mise en ouvre et la concrétisation des réformes répondant aux 4 priorités définies lors du Conseil européen du printemps 2006 :

  • investir davantage dans la connaissance et l'innovation ;
  • libérer le potentiel des entreprises, en particulier des PME ;
  • renforcer l'adaptabilité des marchés du travail en se fondant sur la flexisécurité ;
  • une nouvelle politique énergétique pour l'Europe.

Ils ont convenus qu'il fallait maintenant renforcer la dimension sociale de la stratégie de Lisbonne et mettre l'accent sur l'éducation des jeunes et de l'environnement. Le Conseil a aussi souligné l'importance de promouvoir l'esprit d'entreprise et le soutien aux PME qui sont "l'atout majeur des économies européennes".

Les Vingt-Sept ont également discuté de la mise en place de "la cinquième liberté" : la liberté de circulation des connaissances.

La France, en tant que « présidente montante » de l'Union, a par ailleurs demandé que soit lancée dès maintenant la réflexion sur l'avenir de la Stratégie de Lisbonne après 2010. Ceci était une proposition du rapport de Laurent COHEN-TANUGI.

Le rapport de Laurent Cohen-Tanugi dresse le bilan d'une mise en ouvre contrastée de la Stratégie de Lisbonne dans les Etats membres. Le bilan de la mise en ouvre d'actions communautaires au service de la croissance et de l'emploi au niveau de l'Union est plus positif (notamment progrès du marché intérieur) mais doit désormais se recentrer sur le renforcement de la compétitivité européenne et sur l'action que peut mener l'Union pour peser davantage dans la mondialisation. Pour Laurent Cohen-Tanugi, si la stratégie de Lisbonne 2000-2010 avait pour objet de combler l'écart de productivité avec les Etats-Unis, la stratégie de Lisbonne post-2010 doit également tenir compte de l'émergence d'autres puissances économiques.

Le rapport de Monsieur Cohen Tanugi sur L'Europe dans la mondialisation

 



© Ministère de l'Économie, de l'industrie et de l'emploi,
11/12/2008 - DGCIS